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lundi 14 mai 2018

RCBR Trump et l'accord sur le nucléaire Iranien

Voilà, c'est fait, Trump s'est retiré de l'accord sur le nucléaire Iranien. Seuls deux pays se montrent favorables à cette décision, l'Arabie Saoudite et Israël. Alors, je dois dire d'abord que je n'ai pas compris un traître mot des arguments pour se retirer de cet accord. Certes l'accord était imparfait sur une durée limitée... Mais je ne suis guère surpris. En effet, Trump l'avait annoncé lors de sa campagne, donc il fait ce qu'il a dit. Tiens, tiens, ce principe me rappelle quelque chose. Comme quoi, l'appliquer ne suffit pas à faire d'une mesure quelque chose d'intelligent ... A bon entendeur.

Donc, si j'ai bien compris, les USA imposent de nouveau un embargo international sur l'Iran qui n'ont pas le bon goût de pratiquer la même religion (même à quelques nuances près) que leurs alliés. Je raccourcis bien sur, mais tellement de personnes mal intentionnées pourraient s'emparer de ce sujet sous cet angle là qu'il me paraît malhonnête de le masquer.

Le problème, c'est que le commerce avait redémarré à fond les manettes avec l'Iran. Ne plus être dans cet accord va permettre aux Etats Unis des amendes à toutes les entreprises qui font des affaires avec le pays. Et comment leur en vouloir ? Elles ont agit dans leurs intérêts dans un contexte international donné. Si on change les règles de manière unilatérale à intervalles réguliers, cela devient difficile à gérer.

Mais quelles vont être les réactions du monde ? Quelles peuvent-elles être ? Je n'en ai vraiment aucune idée. Le retrait des USA de l'accord de Paris sur le climat a provoqué un resserrement des liens entre les autres signataires et une volonté d'aller plus loin malgré les US. Là, il ne s'agit plus de faire malgré les US, mais contre. Ce n'est plus la même limonade. Alors que peut faire la diplomatie des pellicules contre ça ? Trump n'est pas juste qu'un excentrique rigolo dont on peut s'amuser, il est aussi malfaisant et nuisible. Bien entendu, les USA resteront nos alliés malgré leur président actuel, mais on ne peut tout simplement pas laisser faire. On peut aussi regretter, comme moi que les indicateurs de croissance soient les chiffres qui régulent le monde et craindre que ces chiffres ne prennent une grosse claque de la décision qui vient d'être prise et ne fassent se retourner la conjoncture mondiale.

Sous le spectre du pétrole

Permettez moi d'interpréter tout cela sous un angle particulier, celui du pétrole. Cela est peut-être, voire sûrement complètement fantaisiste, mais qui sait ?

Les Etats-Unis sont devenus le premier producteur de pétrole au monde, du fait de leur huile de schiste. Les prix du pétrole, avant que les marchés ne s'inquiètent de la sortie des US de l'accord étaient maintenus à des taux très bas. La faiblesse des cours a même contraint l'OPEP, plus quelques autres pays grands producteurs (comme la Russie) à sceller un pacte de baisse de la production pour tenter de faire remonter le prix du baril. Celui-ci a en effet énormément pâti du retour sur le marché du pétrole Iranien à la signature de l'accord sur le nucléaire. Les gisements aux US les plus rentables d'huile de schiste commencent à s'épuiser (ils ont en effet une durée de vie courte), et ceux qui restent à exploiter ne peuvent pas se satisfaire d'un cours mondial du baril aussi bas, parce le coût de l'extraction serait alors supérieur au prix de revente.

Je sais que vous commencez à me voir venir, et pourtant je n'ai fait pour le moment que lister des faits établis et aisément vérifiables.

Alors, et si toute cette histoire, loin de considérations sur le nucléaire Iranien, ou religieuses n'était montée que pour soutenir la production pétrolière américaine ? Loin de moi l'idée de vouloir faire du complotisme de bas étage, mais juste de donner un éclairage différent sur les motivations potentielles.

Quelles conséquences ?

Elles sont variées et toutes ne sont pas imaginables à ce jour, mais je vais tenter une petite liste : 
  • La plus évidente et la plus rapide va être l'augmentation du prix du baril de pétrole, et donc du prix de l'essence à la pompe. On a déjà allègrement dépassé les 1,5 €, la prochaine étape est la barre des 2 €.
  • Pour la population iranienne, c'est un retour à des temps beaucoup plus durs, de disettes, de restrictions, et c'est aussi à eux qu'il faut penser.
  • Pour les mollahs, c'est l'occasion d'un retour en grâce et donc de recommencer à appliquer des lois plus extrêmes.
  • Cela signifie par ailleurs la fin programmée des visites de contrôles par des autorités internationales des installations nucléaires iraniennes. Nous n'avons donc plus aucune vision sur ce qu'ils vont faire. Le programme d'armement nucléaire du pays va-t-il refaire surface ?
  • Trump fait porter un doute, une incertitude sur tous les grands traités. Le monde économique a besoin de prévisibilité pour investir. Trump casse cela, et de ce fait la confiance dans tout investissement. 
  • La réaction diplomatique peut elle se permettre une guerre économique pour contrer cette décision ?
  • La réaction diplomatique peut elle se permettre de passer à côté d'une guerre économique pour contrer cette décision ? (Non ce n'est pas la même phrase, relisez bien)

Des solutions ?

J'ai toujours horreur des articles qui ne sont pas un poil constructifs. Je concède que sans vouloir être défaitiste ou sous-estimer le pouvoir des citoyens, face à une décision aussi irraisonnée, il est difficile d'imaginer un moyen d'action.
Ou bien alors si. Imaginons une grève perlée (c'est à la mode), de deux grandes images américaines (Mac do et Coca). Et si nous faisions tous la grève de MacDo et de Coca, un jour sur 2, les jours pairs. Je sais que pour pas mal de mes lecteurs réguliers, cela ne posera pas de soucis, plus que pour moi en tout cas. Si le mouvement pouvait prendre de l'ampleur, cela pourrait avoir de la gueule.
Allez, disons cela : 
NI MacDo, ni Coca, tous les jours pairs, jusqu'à ce que les Etats-Unis rejoignent à nouveau l'accord sur le nucléaire Iranien.

jeudi 17 août 2017

Les problèmes de la France - J'aimerais bien donner mon avis 8

Previously

Oui je sais, j'ai un peu laissé en plan cette série passionnante (non le terme n'est pas trop fort..) de posts perturbé que j'ai été par diverses activités bloggesques et autres. Alors avant de réattaquer dans le dur, je me suis dit qu'un petit point de synthèse n'était pas superflu. Voyons cela.

Dans le premier numéro, je me questionnais sur ce qu'on pouvait attendre légitimement d'un état en repartant à la base.
Le deuxième numéro tentait une synthèse des activités de l'Etat, oui je sais c'est un peu prétentieux, tant pis j'assume...
Le troisième numéro listait ma vision des attentes légitimes d'un citoyen vis à vis de l'Etat français.
Le quatrième reprenait lui toutes les forces de notre pays.
Le cinquième abordait les services publics.
Le sixième traitait le point de l'indépendance de l'Etat.
Et le septième et dernier en date questionnait les problématiques budgétaires.

La redistribution

Elle est le corollaire immédiat du sujet budgétaire précédent. Alors, en première analyse, on pourrait penser que cela ne concerne que les gros pans de notre Sécu : retraite, chômage, assurance maladie, allocations familiales, rsa et puis basta, mais non j'y inclus aussi les emplois aidés, les allègements de charges, les dispositifs tels que le CICE et la foultitude d'aides publiques qui existent mais qui sont inconnues du grand public, et difficilement lisibles pour les initiés. 

Là aussi, la nécessité de simplification est criante. Ma proposition est donc évidente, quitte à baisser le niveau de chacune des aides, faisons en sorte que tous ceux qui sont éligibles à une aide la touche. Une sorte de guichet unique pourrait nous aider en cela. Et, chassons de manière impitoyable toute espèce de fraude. Chaque aide doit être de plus évaluée de manière objective et systématique pour rendre compte de son efficacité et ceci à intervalles réguliers.

Pour les retraites, le constat est tout aussi évident, la population française vieillit, il est nécessaire de travailler plus longtemps mais aussi d'harmoniser les différents régimes et enfin de prendre en compte la pénibilité de la vie professionnelle. Oui, c'est bien ça... mais... comment fait-on ? En effet, dans certaines branches de l'économie, passé 45 ans un collaborateur est un senior, donc quelqu'un dont il est indispensable de se débarrasser. Régler ce problème est un pré-requis à toute réforme de la retraite. Même si la solution est loin d'être triviale. Une idée pourrait être un départ progressif à la retraite avec passage par un temps partiel ? Ce qui pourrait permettre aussi d'éviter de se retrouver brutalement à la maison et donc de s'organiser petit à petit sa nouvelle vie.

Pour les dépenses de maladie, nous sommes tous plus ou moins conscients que certains abusent. On en connait tous des personnes qui sont toutes les semaines dans un cabinet médical, alors que la solution serait peut-être, plutôt, des séances psy. Et je ne parle même pas des véritables escroqueries ou des médecins qui ont la main super lourde sur leurs ordonnances. Je suis convaincu que fouiller dans la liste des remboursements de la sécu pour détecter les comportements déviants pourrait faire l'objet d'un audit et ensuite adopter les mesures pertinentes. 
Cependant, ce qui peut (devrait) être fait très rapidement c'est le remboursement des médicaments à hauteur du prix des génériques (quand ils existent). 

Pour le chômage, je suis sceptique. Pour avoir été dans cette position, je sais que c'est déjà compliqué d'assumer ce statut, ou plutôt cette absence de statut alors j'imagine assez mal accepter un poste à plusieurs centaines de kilomètres de chez moi et de mes enfants. Je manque de flexibilité ? Oui. Donc passer par la contrainte d'accepter n'importe quel job sans liens vraiment évidents avec le précédent en termes de compétences, de localisation ou même de revenus ne me paraît pas évident, ni sain
En revanche, je crois savoir qu'une multitude de postes ne trouvent pas de candidats à mettre en face. Je me demande si ce croisement offres/demandes ne peut pas être optimisé. L'idée qu'on puisse résorber une partie du chômage rien qu'en croisant mieux les jobs et les chômeurs me paraît séduisante et pas complètement utopiste.

jeudi 15 juin 2017

Législatives - 16% de la population - 450 sièges ????

Il y aura eu la primaire à droite (2 tours) qui devait présager du nom du futur président, la primaire à gauche (2 tours) qui devait présager de l'effondrement du PS, la présidentielle (2 tours) au résultat incertain a priori, et enfin la législative (2 tours) qui devait présager d'une assemblée multicolore.
Au bout de ces 8 tours de scrutins, nous sommes dans un paysage politique qui a considérablement changé. Nous n'avons plus deux formations dominantes, nous n'en avons plus qu'une seule. Au delà de cela, les méthodes, les gens, les modes de fonctionnement, les idées n'ont pas (encore?) beaucoup changé.

Alors, tout d'abord, je voudrais reconnaître que mes précédentes anticipations sur les résultats des élections se sont avérées totalement fausses. En même temps, LREM a recueilli 32 % des votes au premier tour, et ce avec un peu plus de 50 % d'abstentions. Donc on prédit une majorité écrasante (entre 400 et 480 sièges à l'assemblée nationale) élue par 16 % de la population !!! Mon esprit cartésien a encore du mal à avaler que cela puisse être possible alors delà à le prédire...

Je pourrais m'épancher sur les naufrages des deux grands partis, et des autres d'ailleurs, sur la nécessaire refondation politique, qui doit à mon sens (re-)partir des idées, avec toute la difficulté et les risques que cela comporte, je consacrerais certainement un post sur le sujet, mais plus tard.

Mais je voudrais surtout parler aujourd'hui de ce rapport entre 16 % de la population qui peut mettre 75% de députés à l'assemblée nationale.... Oui, je ne m'en remets pas...
Est-ce qu'une telle hégémonie est dangereuse pour la démocratie, pour le débat d'idées ou est-ce au contraire pertinent que le président dispose de la majorité dont il a besoin pour dérouler son programme (comme ça, on va enfin savoir ce que c'est, héhéhé....non ok, d'accord, j'arrête le mauvais esprit) ? Franchement, je n'en sais rien, je ne sais pas dire où est l'intérêt de la France. Si LREM a la majorité absolue, qu'elle dispose de 289 députés ou 450, qu'est ce que cela change vraiment ? 

Mais ce qui me frappe le plus dans tout cela c'est que dans cette vague de dégagisme qui a pour objectif de dépoussiérer la démocratie, il serait aberrant de prétendre que la future assemblée nationale est représentative de la population française. Je trouve moi que ça met une grosse claque à la démocratie. Les pleins pouvoirs à 16% de la population, elle est où la démocratie ???

Mais comme je m'arrête rarement au fait de râler, j'ai cherché une solution acceptable. Elle est toute trouvée, on en parle depuis des années, c'est la proportionnelle. 

C'est magique ça, la proportionnelle, un parti obtient 12% des voies, hop, il a 12% des députés. Sauf que ce qui a été envisagé  n'a jamais été autre chose qu'une "dose" de proportionnelle. Rien que dans le choix des mots on voit toute la difficulté.  Voici ce que j'ai trouvé sur internet comme définitions du mot :

Sens 1 (Chimie) : Quantité et proportion déterminées de chaque élément qui entre dans la composition d'un mélange
Sens 2 (Médecine) : Quantité d'un médicament administrés en une fois
Sens 3 : Quantité quelconque

Ce que j'en retiens c'est que c'est une notion de quantité un peu floue qui correspondrait à "juste ce qu'il faut."

Alors autant dire qu'"une dose de proportionnelle", ça va être un truc imbittable qui ne devrait pas changer grand chose. Une grande avancée pour la démocratie ? Bof.

Reste alors la proportionnelle totale. Le problème avancé pour contrer ce mode de scrutin ne me semble pas en être un, en revanche, j'en vois un autre. 
Je m'explique : 
La proportionnelle totale aurait très certainement pour résultat une assemblée très disparate, avec beaucoup de formations différentes, pas de majorité absolue et donc une réputation d'ingouvernabilité. C'est pourtant ce qui se pratique dans d'autres pays, où des coalitions se montent aux lendemains des élections et cela ne provoque pas (du moins pas toujours et pas partout) des instabilités politiques.

Je me demande si je n'aurais pas préféré une coalition à voir le spectacle désolant de retournements de veste en cascades de responsables politiques de tous bords pour rallier LREM par pur opportunisme. De Le Maire à Royal, par cette séquence, vous avez fait encore bien du mal à l'image du personnel politique. Vous vous seriez grandis à vous battre pour vos idées, quitte à, ensuite accepter de vous coaliser avec LREM.

Non, le problème que je vois, c'est que dans le système actuel, à voter pour une personne, on peut le dégager s'il a fait une connerie*. Dans un système proportionnel, ce seraient les partis qui décideraient de qui mettre en avant ou de placardiser, donc encore des combines d'appareils qui ne sont à la fois plus souhaitables ni souhaitées.

Merde... je n'aime pas trop trop ça... je suis aussi paumé à la fin de l'article qu'au début... voire plus....

LREM modifie le paysage politique et le mode de gouvernance. Si ces changements ne doivent être opérés que dans son seul intérêt, ça va se voir et ne pas être une évolution positive pour le pays. Ce serait juste le jeu habituel des partis quand ils arrivent au pouvoir (redécoupage des circonscriptions, ... et autres jeux sales auxquels ils nous ont habitués). 
Alors oui, la proportionnelle totale est bien l'objectif que nous devons viser, nous trouverons bien une façon de corriger les défauts en cours de route.

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* Comme un Balkany à Levallois Perret par exemple... Non j'déconne. N'empêche que j'aimerais bien rencontrer un électeur de Balkany pour tenter de comprendre. Si, vous en connaissez un, envoyez le moi pour qu'on l'étudie.

vendredi 2 juin 2017

Trump et l'accord de Paris : Oups he did it again...

Ça y est c'est officiel la mèche blonde a frappé et a tenu sa promesse de campagne de se retirer de l'accord de Paris.
Je suis encore assez partagé entre plusieurs sensations : indignation, colère, exaspération, mais pas de déception, c'était annoncé et attendu.
Essayons de mettre en perspective ce qui est pour moi à ce jour la RCBR* d'or de l'année, parce qu'elle génère pas mal de questions.

Est-ce si grave ?

Je m'explique, des dizaines de villes et d'Etats des USA sont engagés à fond dans la lutte contre le réchauffement climatique. quelle pourrait être l'influence réelle du retrait fédéral ? Je ne crois pas qu'un état comme la Californie pourrait alléger ses efforts en fonction de cela. Celle-ci, comme d'autres ne pourraient-ils pas entrer dans cet accord en dehors de l'autorité fédérale ? Certes les Etats et villes réticents au départ pourront retourner à leurs habitudes néfastes. De plus, les industries liées aux ressources carbonées pourront à nouveau investir dans le mauvais sens.

Quelle serait la réaction de la population américaine ?

Il y a bien une opinion publique aux Etats Unis, peut-être que cela pourrait être l'occasion pour elle de se manifester et de se faire entendre... ou pas ?

On peut sortir comme ça d'un accord international ?

Je n'imagine pas que cela puisse être aussi compliqué que pour le Brexit. Mais il me semblerait un peu léger que les USA puissent décider de claquer la porte comme ça du jour au lendemain sans contrepartie. Cela signifie quand même qu'il faudrait rendre plus contraignant la sortie de cet accord. Jean-Claude Juncker, président de l'Union Européenne a précisé ces jours-ci par voie de presse, que cela ne peut pas se faire du jour au lendemain.

Est-ce que cela ne décrédibilise pas la valeur de la signature des USA au bas d'un accord international ?

Comment accorder à nouveau notre confiance aux USA si chaque changement de majorité peut provoquer de tels remous sur les accords signés précédemment ? N'attend-on pas d'un partenaire qu'il soit fiable ? Or fiabilité et imprévisibilité ont clairement un sens opposé.

La sortie des USA peut-elle provoquer une hémorragie ?

Certains pays ne profiteront-ils pas du désengagement américain pour sortir de l'accord ? Je pense à cet égard, qu'il faut opposer une réaction forte aux USA pour dissuader d'autres pays de leur emboîter le pas.

Les USA pèsent 18 % des émissions de CO2

Ce n'est pas une paille, on peut quand même avancer sans eux. Cependant, ils s'étaient engagés à fournir une aide financière aux pays les plus démunis, et celle-ci pourrait bien ne jamais arriver. De plus, la glissade des températures dans laquelle nous nous sommes engagés est tellement abrupte, et nos efforts pour la contrer tellement dérisoires, que handicaper cette lutte la rend presque inespérée.

La transition écologique est une opportunité

J'en suis convaincu. De nouvelles technologies et de nouveaux modèles sont à créer ou en cours de création. La décision de Trump contraint son pays à prendre un retard important dans la négociation de ce virage. "Make America great again" : Peut-être mais certainement pas comme ça...

La politique isolationniste américaine

Le tournant idéologique avec l'élection de Donald Trump est clair. Mais nous devons arrêter de nous poser en victimes de cet isolationnisme. Nous avons, en Europe des forces à faire valoir. Nous pouvons opposer une résistance si les USA ne veulent plus être des partenaires fiables. 
L'Europe peut et doit en sortir grandie. Je suis même assez convaincu que pas mal de capitales dans le monde attendent avec impatience que l'Europe reprenne une place de leader avec d'autres dans la gouvernance internationale. Le monde est devenu multi-polaire, nous sommes la première puissance économique, agissons comme telle. 

Qu'en conclure ?

Peut-être que l'histoire retiendra ce désengagement comme une anecdote, vite réglée par le successeur de Trump lors du prochain mandat, et peut-être ne faudra-t-il pas attendre 4 ans pour cela. 
Peut-être que ce décision marquera au contraire un tournant historique de recomposition des pouvoirs et influences dans le monde. L'avenir nous le dira, ce dont je suis certain en revanche, c'est que Trump vient de marquer un but contre son camp, et qu'il en est content !!! Il nous prouve ainsi son incapacité à voir plus loin que le bout de son nez. 
Compte-tenu de la criticité de notre situation environnementale, c'est un vrai bras d'honneur à l'histoire que la mèche blonde vient d'afficher.

Il ne faut pas oublier que si les USA sont les 2èmes plus gros émetteurs de CO2 de la planète, ils sont aussi l'un des pays les plus exposés 
Ce n'est pas comme si Manhattan ou Miami étaient directement menacés par la montée des eaux ou les Etats de l'Ouest sous la menace récurrente de sécheresses préoccupantes.



* RCBR : Rafale de Coups de Boules Rotatifs



mercredi 3 mai 2017

Présidentielles 2017 : Il est temps que cela se termine

Oui, je l'avoue, j'en ai marre de cette campagne. Trop peu de débats d'idées, de projets de société enthousiasmants ou au moins crédibles, des affaires dans tous les coins, et surtout un résultat dimanche prochain qui sera lourdement sujet à caution, dans l'attente du résultat des législatives.

Le choix entre Lepen maintenant ou l'assurance de l'avoir le coup d'après si Macron passe me rend un poil fataliste.

Bon, prenons un peu de recul. Imaginons les différents scénarios envisageables pour comprendre comment cela peut se passer.

Lepen présidente avec une majorité à l'assemblée - Probabilité : 5%

Ne me demandez pas comment je calcule ces probabilités, ce n'est même pas un calcul mais juste une estimation toute personnelle... ;-)
Il ne s'agirait pas forcément d'une majorité FN qui est quand même peu probable mais il ne me paraît pas impossible qu'après une victoire aux présidentielles de Lepen, certains députés LR aux tendances dérapantes pourraient se sentir attirés comme un aimant par le pouvoir quittes à se parjurer.
Soyons clairs, cette hypothèse n'est pas drôle. C'est la glissade assurée vers le grand n'importe quoi promis dans son programme. Cela dit, l'alpha et l'oméga de celui-ci c'est la sortie de l'Euro qui permettrait de dégager des marges de manœuvre. C'est la clé de voûte de tout son programme économique. Or ces derniers jours, le discours sur le sujet devient de moins en moins clair côté FN. De là à penser qu'une fois au pouvoir, elle se dédirait de tout ou presque (je suis convaincu que certaines mesures purement fachos pourraient passer quand même histoire de faire bonne impression). Je crois que même dans cette situation de pouvoir quasi hégémonique, elle est en mesure de décevoir brutalement ses supporters et démontrer l'étendue de son incompétence. 
Dans cette hypothèse, il est assez envisageable que le front républicain mobiliserait en masse ses troupes dans les rues à la moindre proposition de loi controversée. 
Avant qu'elle ne réussisse à faire complètement n'importe quoi, il est assez envisageable qu'il y ait certains troubles dans le pays en d'autres mots un beau bordel....

Lepen présidente sans majorité à l'assemblée - Probabilité : 35%

Laissez moi appeler cette hypothèse "la jurisprudence Trump". Bien que l'infâme blond ne soit pas exactement dans ce cas là. Il existe quand même quelques députés républicains américains qui ne sont pas prêts à mettre le doigt sur la couture du pantalon à chaque excentricité du président magnat. Celui-ci se retrouve donc dans l'impossibilité de faire avancer la moindre de ses propositions. Pour moi, qui craignait le programme de Trump, c'est assez réjouissant à voir, même si cela m'attriste pour l'Amérique.
L'hypothèse donnant Lepen gagnante le 7 mai mais perdante en juin pourrait revenir à ce scénario. Lepen pieds et mains liées par un parlement contraire pourrait lui faire perdre pas mal de crédibilité. On aura essayé, et on aura vu que cela ne sert à rien de voter Lepen. Cela fera place nette et réinstallera le FN à la place qu'il n'aurait jamais dû quitter, celle de groupuscule extrême.
Dans ce cas de figure, je ne la vois même pas terminer les cinq ans de mandat.

Macron président sans majorité à l'assemblée - Probabilité : 45%

C'est bien le cas le plus probable. Il serait alors obligé de faire une coalition pour pouvoir gouverner. Mais là Macron a un problème important de positionnement. Il se dit ni de gauche ni de droite. Avec qui donc peut-il s'allier pour réaliser une coalition de gouvernement ? Je me dis que quelque soit son choix, il va créer des déceptions, voire de grosses colères. Avec LR, Robert Hue, la plupart des ministres socialistes actuels et tous les ténors de la gauche ne se sentiraient-ils pas empapaoutés ?
Peut-être qu'un gouvernement de coalition est la solution pour gérer notre pays. C'est bien ce qui se fait ailleurs. Mais le changement me paraît brutal entre un monde bipolaire (gauche/droite) et des coalitions faites de bric et de broc. Les risques d'instabilité dans cette configuration sont énormes. Les revendications de VIème République pourraient alors trouver plus d'échos que maintenant. Comme dans le cas précédent, je ne vois pas Macron aller au bout d'un mandat de 5 ans.

Macron président avec une majorité à l'assemblée - Probabilité : 15%

Oui, ça fait bien 100 % en tout, j'ai vérifié ;-). 
A mon sens, cette hypothèse est possible mais peu probable, fort heureusement ajouterais-je. En effet, que l'écossais circulaire soit en mesure d'appliquer pleinement son programme a de quoi faire peur. Parce que et c'est bien ce qui m'effraie le plus dans la posture macronienne, il n'a visiblement pas entendu qu'une énorme partie de la France, est soit en souffrance, soit en colère, avec un cumul possible. Et comme il n'a pas entendu, il est fatalement incapable de répondre ni à cette colère ni à cette souffrance. Il va donc mener un quinquennat qui va augmenter la frustration et le ressentiment et in fine nourrir le vote extrême. 
Une opposition dans les rues pourrait aussi se faire entendre de la part de gens qui estiment qu'ils n'ont plus grand chose à perdre et c'est bien là que cela risque de devenir tendu.

Et le contexte ?

Oui, parce que ce quinquennat va se dérouler dans un contexte quand même particulier. Le Brexit, Trump, Erdogan à eux seuls sont des gages d'instabilité. Même si bien sûr, les premiers mois de présidence devraient bénéficier de l'embellie économique qui semble poindre, le défi de la crise pétrolière du début des années 20 (l'Agence Internationale de l'Energie communique maintenant de manière mensuelle pour prévenir du choc à venir) reste devant nous et n'est pas une mince affaire.

Une analyse pessimiste ?

J'entrevois en effet une période troublée mais cela semble être un mal nécessaire. Et de ces troubles naîtra un autre modèle de société, plus durable, plus respectueux de l'humain, et en cela je suis très optimiste.

mardi 25 avril 2017

Lepen - Macron

C'est donc le deuxième tour qui nous est proposé. J'aimerais (j'espère m'y tenir jusqu'à la fin du texte) pouvoir proposer une analyse dégagée de toute aigreur ou amertume. Je trouve qu'on en lit beaucoup trop par ailleurs sans ajouter moi aussi à la meute hurlante.

Aucun des candidats représentés au second tour ne partage mes idées. Je méprise au plus haut point ceux qui parce que leur candidat a perdu estiment que les Français sont des moutons ou des musculo-respiratoires. Il est de la responsabilité des candidats et de tous ceux qui militent pour eux d'expliquer pour qui voter. Ne pas être compris dépend uniquement de la capacité de pédagogie de chacun.
Il n'y a pas à rechercher la faute dans les médias ou ailleurs. Il faut assumer.

Pour achever ce préambule, je voudrais ajouter ceci. Nous avons entendu beaucoup de personnes prétendre qu'en cas de victoire de l'une ou de l'autre, ils quitteraient le pays. Nonobstant que le départ de BHL de France me paraissait par exemple assez tentant, c'est une attitude irresponsable, enfantine, capricieuse, trop peu respectueuse de la démocratie et révélatrice de l'époque actuelle. Ça ne me plait pas, alors je zappe. Il y a des RCBR qui se perdent...

Sur le fond et de manière globale, je retiens de ce premier tour une volonté exprimée de manière assourdissante de changements.
Macron (l'écossais circulaire) sous l'image du renouveau, Lepen en rupture avec le système établi, et le gros score de Mélenchon et une France insoumise sont des révélateurs de cette envie de rompre avec le passé.
Les deux grands partis qui sont les principaux vaincus de cette élection feraient assez bien d'entendre le message s'ils ne veulent pas accroître le décalage entre eux et la population.

Les analystes politiques veulent cristalliser le débat entre les deux finalistes autour de l'Europe. L'une en effet veut tout brûler et l'autre trouve que c'est magnifique. Alors, oui j'aurais aimé entendre une troisième voix un poil plus constructive. Mon attachement pour l'Europe est énorme, je me sens même bien plus Européen que Français, mais force est de constater qu'elle est en panne, et qu'il est nécessaire de réformer et peut-être même un peu plus qu'aux entournures. Donc entre deux positions opposées mais caricaturales on n'a que l'embarras du choix, mais on a surtout l'embarras.

Non, je ne peux pas voter Lepen. Je ne vais pas m’appesantir sur ses idées, même matinées de respectabilité, le fond fascisant est bien là et c'est totalement inacceptable. Mais ce qui me frappe le plus, c'est l'invariable réponse glanée auprès des militants FN. "On n'a qu'à essayer Marine, ça ne peut pas être pire qu'avec les autres."
Ah ben si, ça peut être pire, bien pire même. Nous ne vivons pas dans un pays en guerre, ni en faillite. Et le risque du vote FN se situe bien à ce niveau.

J'ai déjà eu l'occasion de le dire ici, le changement pour le changement n'est pas un raisonnement qui tient bien longtemps. Lepen n'offre pas un changement souhaitable parce que tous les risques n'ont pas été bien mesurés.

Macron, pour tout dire ne me plait pas non plus. Il est à mon sens une pure image marketing. Faites l'exercice de lecture de son programme, ce que je viens de faire avant de me lancer dans la rédaction de cet article. On y retrouve la tonalité des discours. C'est beau, c'est grand et creux. Oui bien sûr la guerre c'est mal, et tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Laissez moi illustrer mon propos sur des sujets qui me parlent, les gaz de schistes par exemple. L'exploitation des gaz de schistes sera interdite mais la recherche sur le sujet sera soutenue par le gouvernement !!! Pour le nucléaire, l'objectif de le faire passer à 50 % de la production électrique en 2025 est maintenu mais il est capable de dire dans la phrase suivante qu'il est convaincu que l'objectif n'est pas tenable.

Que retenir donc de ces entrechats ? Certains auront entendu ce qu'ils voulaient entendre et en seront satisfaits, d'autres dont je fais partie ne comprennent plus rien dans sa position tant il est capable de dire dans la même phrase blanc et noir.

Cependant, toutes ses positions ne sont pas aussi floues. Son libéralisme économique est assumé. Je ne crois pas que ce soit une solution, à considérer les dérives actuelles de ce système.
Privilégier le dialogue social dans l'entreprise me paraît par exemple d'une naïveté manifeste et décalé des réalités de ce que je peux vivre au quotidien tant dans ma société que chez mes clients. Le monde de l'entreprise n'est pas démocratique et n'est même pas fait pour l'être.

Ma conviction s'affirme donc de jour en jour. On va vers un avenir bien incertain. Président et assemblée ne seront pas de la même couleur. L'assemblée sera très certainement d'ailleurs très multicolore. Je suis aussi convaincu que cela aurait été le cas avec un autre duel. On file directement vers une crise politique plus ou moins importante en fonction des résultats des trois prochaines élections.
Le changement, la rupture tant attendus par la majorité des Français vont bien arriver par les urnes mais certainement pas portés par un homme ou une femme, mais plus par la confusion. Est-ce la meilleure façon de s'en sortir par le haut ??




mardi 18 avril 2017

Une campagne bien singulière

Une campagne hors norme

Cela m'a sauté aux yeux la semaine dernière. Et plus j'y pense, et plus c'est frappant. Voyez vous même :
Le président sortant ne se représente pas par manque de légitimité ???
Les deux principales formations politiques passent par des primaires parce qu'aucun candidat n'est en mesure d'être indiscutable ???
Pas de candidats écolo ???
A une semaine du scrutin, les sondages, compte-tenu des marges d'erreur sont incapables de donner une véritable tendance, à part, c'est parmi les 4 que cela va se jouer ???
Et 3 des quatre favoris se présentent (de manière plus ou moins factice) comme un renouveau par rapport à l'ordre établi ???
Un des 4 favoris n'a jamais été élu, et n'avait pas de parti il y a un an de cela ???
Un risque important que ni le candidat de LR ni du PS ne se qualifient au second tour ??? Chacune de ces deux formations affiche des fissures pré-sismiques importantes.
Le gagnant des primaires de la droite devait gagner sans coup férir les élections présidentielles ???
Aucun thème ne se dégage vraiment ??? On ne parle pas vraiment ni de chômage, ni de sécurité, ni d'environnement, tant ils sont tous à défendre leur légitimité même de candidat.

Cette campagne ne ressemble à aucune autre. Il n'y a à mon sens aucune raison que le résultat et la suite ne ressemblent à ce que nous avons connu. Je m'explique.

Instabilité en vue

Supposer que le gagnant des présidentielles va emporter une majorité absolue à l'assemblée nationale en surfant sur le succès des présidentielles me paraît totalement naïf. Les législatives vont réellement représenter les 3ème et 4ème tours de l'élection présidentielle. Je fais partie de ceux qui s'en réjouissent quand même. Le constat actuel de l’hyper-personnalisation du pouvoir, de l'hyper-présidentialisation mécontente tout le monde. Il est nécessaire que le législatif retrouve sa place de deuxième contre-pouvoir, et qu'il n'aille pas de soi dès les présidentielles gagnées.

Je pars donc du principe que l'assemblée élue devrait être assez disparate. D'autant plus que, comme je ne vois ni Hamon, ni Fillon au deuxième tour, les formations LR et PS n'attendront peut-être pas plus tard que le soir des résultats du premier tour pour exploser en plein vol. Par ailleurs, Mélenchon, Lepen, Macron ne sont pas en mesure de présenter suffisamment de candidats  crédibles à la députation pour accrocher la majorité absolue.

Ce qui me paraît le plus imaginable est donc une assemblée découpée en 4 ou 5 : le FN accrochera certainement un nombre plus important de députés, le LR ou ce qu'il en reste va résister sur des fiefs historiques et indéboulonnables au moins sur des personnalités connues, idem pour le PS, la France insoumise devrait gratter un peu, et Macron va rabattre tous les opportunistes.

Alors on peut imaginer un gouvernement d'alliances contre-nature (FN - LR ? LR -En Marche ? PS - France insoumise ?) et hautement improbables compte-tenu des combats menés les uns contre les autres durant cette campagne, mais peut-on l'imaginer pérenne ?

Ainsi, le risque d'une France ingouvernable nous pend au nez. Il me semble cependant que cela se conclura fatalement par une explosion politique et institutionnelle, plus ou moins rapide en fonction de qui se sera imposé lors de ces 4 tours d'élections et dans quelles proportions. Je crois même que c'est ce qu'attendent une majorité de Français, que ça pète, que ça explose pour reconstruire sur de nouvelles bases tant le fameux système actuel est générateur de frustrations et de colères.

Qui ose croire qu'une campagne aussi singulière va accoucher d'une situation stable et apaisée ?


vendredi 14 avril 2017

Les problèmes de la France - J'aimerais bien donner mon avis 7

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J'ai donc pointé quelques soucis autour de l'indépendance et des services publics, quel serait donc le point suivant ?
J'ai bien envie de m'attaquer aujourd'hui aux problèmes budgétaires...et une envie comme ça il ne faut pas la réprimer.. même si je conviens que ça peut paraître bizarre ;-)

Chiffres

Tout d'abord, j'ai eu envie de rassembler quelques chiffres, histoire de recadrer un poil les choses.
Le budget de l'état c'est à peu près 400 milliards €.
Le PIB tourne autour de 2 200 milliards €, et un ordre de grandeur similaire pour la dette. Elle s'accumule depuis la fin des années 1970.

La dette

Voilà donc presque 40 ans que le choix a été fait de créer de la dette pour financer les politiques publiques. J'ai lu de nombreuses explications sur le bien-fondé de dépenser plus que les rentrées fiscales ne rapportent, liées aux taux d'intérêt, gnagnagna.... Rien capté...
Je suis peut-être juste trop con pour comprendre, mais cela me paraît malsain de vivre au dessus de ses moyens., et de s'ajouter une contrainte toujours plus importante de remboursements d'intérêts.

Le père de famille que je suis se dit qu'il va y avoir un jour ou l'autre où ça va péter, et j'espère de tout mon cœur que ce ne soient pas mes enfants qui paient les pots cassés des erreurs passées.

Même la règle budgétaire européenne des 3%, je ne la comprends pas. A 3%, tout va bien, au dessus c'est la catastrophe ?

Quel est donc un niveau acceptable de dettes ? Le Japon est à 200% de PIB de dettes et tout va bien, les USA ont 20 000 milliards de dettes et tout va bien !!!

Si j'ai bien compris, les marchés prêtent à un état jusqu'au jour où ils se mettent à douter des capacités de remboursements. Et à ce moment là, il se passe quoi ? Le défaut de paiement ? La faillite ? et concrètement ? A en juger par ce qu'on a pu voir ailleurs, cela signifierait une mise sous tutelle du budget de l'Etat par un organisme tiers (FMI ? Banque Mondiale ? ) qui dicterait une politique de rigueur : donc une baisse drastique des dépenses publiques : beaucoup moins de fonctionnaires payés beaucoup moins, des retraités, des chômeurs beaucoup moins payés, des dépenses de santé taillées dans le gras. Les conséquences en fonction des niveaux de baisses imposées pourraient être dramatiques. Franchement, ce n'est pas un avenir prometteur, et dire que ce futur est lié aux états d'âme de quelques analystes financiers a de quoi faire flipper.

Le niveau atteint par la dette française est un GROS problème. Il est absolument nécessaire de le résoudre. Cela nous prive d'une indépendance, d'une autonomie et donc joue directement sur la démocratie.

Finalement, c'est assez basique : il s'agit juste soit de dépenser moins, soit de gagner plus. Là où ça se complique c'est que personne n'est capable de prétendre qu'en dépensant moins, on ne va pas gagner moins, et inversement.

Et puis l'idéologie rentre en plus dans le manège. Une personne de droite va trouver insupportable "les parasites qui vivent du système social", une personne de gauche est horripilée par les optimisations, voire les évasions fiscales des plus riches.
Nous savons tous qu'il y a des abus de toutes parts, et les réponses politiques sont de couper des droits à tous plutôt que de chasser les fraudeurs.
Pour ma part, je crois vraiment qu'il faut  :
1. Augmenter les punitions infligées aux fraudeurs de tout poil
2. Mettre plus de moyens pour les traquer

Ça ne va pas tout résoudre, mais au moins limiterait les ressentiments et les phrases du genre : "Marre de payer pour les autres."

Je vous livre une petite anecdote qui me paraît assez parlante. Au moment de la crise grecque j'assistais à un dîner et un des convives était particulièrement virulent sur "les traditions de triche fiscale des grecs". Mais au dessert, il se vantait de ne pas payer sa redevance télévisuelle... ?? !! ??

Je ne sais pas me prononcer sur la proposition qui consiste à baisser les charges des entreprises pour relancer l'activité et de ce fait augmenter les impôts perçus sur les revenus des personnes qui de ce fait ont trouvé un nouvel emploi.

En revanche, imaginer qu'on puisse gagner en efficacité, en simplicité et donc en coûts dans toutes les procédures administratives que nous avons autour de nous ne paraît pas complètement dingue. La cour des comptes pointe régulièrement des gâchis de l'argent public, et si on faisait le ménage et multipliait les contrôles sur la dépense publique ?

Enfin, il me paraît acquis que l'efficacité énergétique des bâtiments publics n'est pas partout optimale.
Il existe des pistes d'économies nombreuses et diverses. Il existe des moyens d'augmenter la pression punitive sur les fraudeurs. Qu'est-ce qu'on attend, quand bien même cela ne serait pas suffisant, cela me semble nécessaire.




jeudi 6 avril 2017

Les problèmes de la France - J'aimerais bien donner mon avis 6

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Mon analyse des différents problèmes de la France a donc commencé par pointer une faiblesse des services publics. What else ? comme dirait le bellâtre grisonnant.

L'indépendance de l'Etat

C'est un vaste sujet que je propose donc de découper en plusieurs : Indépendance alimentaire, énergétique, financière, économique et politique.

Indépendance alimentaire

A première vue rien à redire sur le sujet. La France est auto-suffisante d'un point de vue alimentaire. On doit bien importer quelques victuailles d'ailleurs mais rien de forcément essentiel.
Alors pourquoi t'en parle ?
C'est une bonne question. Il me semble que nos choix de production agro-alimentaire sont discutables. Je ne rentrerai pas dans le débat bio vs chimique ni dans celui de l'agriculture alimentaire paysanne vs industrielle, je n'y connais rien.
En revanche, ce qui me perturbe c'est qu'on produise trop, bon en soit rien de grave sauf que ces surplus sont vendus à vils prix à des pays en voie de développement. Vous allez me dire là encore quoi de choquant ? C'est qu'on s'aperçoit que ces stocks vendus à bas prix empêchent dans beaucoup d'endroits du monde où ils sont vendus le développement d'une agriculture locale. Tout cela est tout à fait contraire au principe d'"apprendre à pêcher à une personne qui a faim plutôt que de lui donner du poisson". Surproduire pour ensuite gérer le gaspillage et pour cela entretenir la pauvreté à l'autre bout du monde me désespère. Pas complètement étonnant que ces populations fassent le choix de migrer chez nous... Nous avons une responsabilité à porter sur le sujet.

Indépendance énergétique

Comment aborder un chapitre indépendance de l'Etat sans toucher un mot ou deux d'indépendance énergétique. Un autre que moi aurait peut-être pu s'y résoudre, comprenez bien que je ne peux pas...
Je sens bien que certains sur le sujet vont m'attendre au tournant : " Le nucléaire nous assure une parfaite indépendance énergétique". Ben non, l'uranium est extrait de pays qui ne sont pas tous complètement stables d'un point de vue politique .
En 2011, l’Australie dispose de 31% des réserves prouvées d’uranium naturel dans le monde, soit près de 1 661 000 tonnes(4). Les autres pays possédant plus de 5% des réserves mondiales sont :
  • le Kazakhstan (12% des réserves mondiales) ;
  • le Canada (9%) ;
  • la Russie (9%) ;
  • le Niger (8%) ;
  • l’Afrique du Sud (5%) ;
  • le Brésil (5%) ;
  • la Namibie (5%).

Nous sommes donc dépendants de pays extérieurs pour l'uranium, qui nous fournit à ce jour près de 75% de notre électricité. De la même manière qu'une société qui générerait 75% de son chiffre d'affaires avec un seul client, cela n'est pas sain.

Pour le pétrole, je vous renvoie à l'article rédigé sur le pic pétrolier pour être au fait de mes inquiétudes sur ce point.
De nombreux analystes prédisent que l'indépendance énergétique est la clé de la recomposition des influences et des poids des différents pays dans la géopolitique mondiale de demain.
Nous avons été à même à grand renfort de deniers publics de développer de zéro une filière nucléaire complète. Outre les risques, les coûts, il en va de notre liberté d'action. Il faut nous donner les moyens de limiter au maximum notre dépendance vis à vis de puissances extérieures en termes énergétiques.

Indépendance financière

La dette accumulée depuis le milieu des années 1970 s'élève maintenant à 2 200 milliards d'€. Non seulement, le poids des intérêts pèse énormément dans la construction des budgets de l'état. Mais aussi, nous sommes sujets aux fluctuations des taux d'intérêts et de nos créanciers, et donc fragilisés.
Je ne peux pas concevoir de voir augmenter tous les ans la dette pour la léguer de plus en plus lourde à nos enfants en attendant que cette bombe à retardement n'explose. C'est une situation simplement invivable.

Indépendance économique

La France, au delà de la dette et sans même parler d'Europe, est-elle encore totalement libre d'appliquer sa propre politique économique ? Je dois bien avouer mon ignorance, mais j'ai comment dire comme une sorte de sentiment étrange que ce n'est plus tout à fait le cas. Le poids des lobbys est reconnu et me pose problème dans leur capacité à produire des décisions contraires à l'intérêt général.
Wouah, c'est terriblement politiquement correct, tout ça... Alors disons le, d'autant plus pendant la campagne présidentielle telle que nous la vivons, on peut avoir de sérieux soupçons de corruption... Oui c'est mieux...

Indépendance politique

Je suis aussi éloigné qu'on peut l'être des théories complotistes. Et donc sans évoquer cela, notre appartenance à des alliances (OTAN, Europe, OCDE, ...), notre histoire d'ex-puissance coloniale, notre statut de puissance atomique et donc de membre du conseil de sécurité de l'ONU nous engagent, nous protègent tout aussi certainement qu'ils nous contraignent sur le plan de notre politique extérieure. La France tient à jouer un rôle important sur la scène internationale, je n'ai rien à reprocher à cela.
Je ne fais en revanche pas partie de ces gens qui estiment que l'indépendance politique de la France est mise à mal spécifiquement par l'Europe. Je pense qu'avant de croire à cela, il faudrait d'abord régler tout ce qui est plus haut. 

mercredi 5 avril 2017

Les problèmes de la France - J'aimerais bien donner mon avis 5

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Bon, j'ai donc, l'analyse de nos forces, j'ai l'analyse de ce que j'attends de l'Etat, il n'y a plus à tourner autour du pot, rentrons dans le dur des problèmes.

Offrir aux citoyens des services publics de qualité

La justice offre des délais de traitement des dossiers de plus en plus longs qui ont entre autres pour conséquence d'engorger les prisons. Les conditions de travail dans les hôpitaux sont dénoncées régulièrement par les professionnels de santé. Obtenir un rendez-vous chez un spécialiste requiert parfois jusqu'à plusieurs mois. Le niveau scolaire général baisse d'année en année. Certains de nos concitoyens  réclament plus de sécurité. Les collectivités territoriales ont beaucoup embauché ces dernières années. Et j'en passe....

La qualité des services publics semble en baisse quasiment partout. La réponse libérale de base est le remplacement par le privé, et la réponse sociale de base est une augmentation des effectifs. Je serais plus nuancé.

Au Royaume-Uni, les transports ferroviaires sont assurés par le privé depuis de nombreuses années. La concurrence vertueuse devait permettre un gain rapide et substantiel pour les consommateurs . Aujourd'hui, le constat est que les tarifs ont été multipliés au moins par trois, et par dix sur certains trajets, et l'état du réseau fait craindre à tout moment une catastrophe. Il me paraît donc assez clair que la réponse libérale est mauvaise.

Ce qui me paraît clair aussi c'est que les collectivités territoriales se font tirer dessus pour leurs augmentations d'effectifs mais on "oublie" que l'Etat s'est déchargé sur elles d'un nombre incroyable de missions de service public.

Il est tout aussi certain qu'un chantier de simplification administrative est INDISPENSABLE. C'est un chantier qui a été initié lors du quinquennat Hollande, mais il est nécessaire d'accélérer et d'amplifier les travaux sur le sujet.

Il y a certainement beaucoup de choses à faire du côté de la numérisation de certaines démarches. Mais là encore, des optimisations peuvent être trouvées. Il faudra qu'on m'explique pourquoi chaque commune de France doit mener un projet séparé d'envoi automatisé par mail des actes de naissance. Multiplié par 36 000 communes : quel gâchis !!! Des sujets comme celui-ci il y en a des dizaines que chacune des communes va traiter seule ou presque. Si la décentralisation c'est permettre de refaire tous chacun la même chose dans son coin, bravo le progrès.

Après avoir simplifié, rationalisé, numérisé tout ce qui peut l'être, alors, on pourra peut-être penser à se dégager des marges en termes d'emplois, mais il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs.

Focus Ecole

Le sujet me paraît mériter qu'on s'y arrête. Nos écoles fabriquent nos citoyens de demain, mal formés,  c'est toute la société qui en pâtirait. Or, on ne peut pas dire que l'école d'aujourd'hui soit satisfaisante. Un niveau global en baisse qui se retrouve dans toutes les études internationales.
Le constat que je peux faire en tant que père de famille c'est qu'en primaire les enseignements de base ont été mis à mal : Maîtrise de l'écriture, de la lecture, du calcul, de l'orthographe, de la grammaire, de quelques notions d'histoire, de géographie et de sciences. Sincèrement, que peut-on en avoir à faire que nos chères têtes blondes sachent compter jusqu'à dix et 5 couleurs en anglais si elles ne savent pas écrire en Français correctement ?
Manque de moyens ? Mauvaise méthode ? Formation insuffisante des enseignants ? Je n'en sais rien mais il est urgent d'intervenir.



D&D : Pourquoi Voter ? Voter pour quoi ? S01E01

Aujourd'hui, on innove ! J'ai invité mon ami Dédé à échanger avec moi au sujet de l'abstention. Collègues puis amis, on se connaît depuis 15 ans.... sans être en phase sur tout.

Dreuff - 
Je connais ton dégoût pour la politique et les politiciens, mais cette année, plus que les autres il me paraît important de voter. Je t'explique pourquoi : 

1. La démocratie est un truc important, on a le droit de voter, il ne faut pas le considérer à la légère.

2. Ne pas voter c'est à mon avis s’interdire ensuite de critiquer ce qui est fait, question d'honnêteté intellectuelle. Un peu comme quand tu demandes à un gamin ce qu'il veut manger, qu'il répond qu'il ne sait pas et qu'ensuite il râle parce qu'il n'aime pas le menu.

3. Cette année, l'offre en vision de la France est quand même relativement large et on doit pouvoir se retrouver sur l'un ou l'autre. Alors bien sûr on ne peut pas être à 100 % pour chacune des propositions faites par un candidat. Mais il s'agit quand même de trouver celui qui présente des idées les plus proches des nôtres.

4. Cette année par ailleurs les lignes bougent pas mal, ça se renouvelle.

Alors vas-y, je t'écoute, kestaadirassa ?

Dédé - Ces 4 points sont pertinents, et je vais y répondre

1. Je suis bien conscient que le droit de vote est important et c'est bien ce qui me dérange puisque je ne sais pas objectivement pour qui voter et donc, je me sens comme un touriste ayant perdu ses CB, avec des billets plein les poches, dans un pays où personne n'accepte sa devise. C'est rageant.

2. Pas de problème, je n'ai jamais critiqué la politique menée même après un vote engagé.

3. Cette année n'a pas de différence avec les autres pour moi, on a toujours une dizaine de candidats à un concours pour se faire élire Président. Et tous les bobards sont bons pour rallier le maximum de sympathisants. Pour moi, on ne peut pas se faire une idée objective à partir de programmes. De plus, le programme de l'élu n'est jamais mis en place, juste quelques points sont réellement traités.

4. Quelque soit le programme, je suis incapable d'avoir un avis averti sur ses conséquences. Je n'ai donc aucun groupe d'idées à défendre car je ne sais pas évaluer leur pertinence sur moi-même mais aussi sur les autres.
La solution pour savoir quoi voter serait de devenir expert en modèles politiques, mais au-delà de ne pas m'intéresser du tout, je suis convaincu que c'est un monde de magouilles, et c'est la raison pour laquelle personne n'est capable d'expliquer pourquoi rien de gauche ou de droite ne fonctionne. Par extension, le centre n'est probablement pas plus efficace et les extrêmes non plus.

Dreuff - Mais moi non plus, je ne suis pas un expert. D'autre part, s'il y avait une solution miracle, elle serait appliquée et on n'aurait plus besoin de voter. 


Pour les programmes, je suis à la fois d'accord avec toi et pas... Je m'explique. J'ai arrêté depuis longtemps de croire qu'un programme à une élection présidentielle était un catalogue de promesses qu'ils allaient mettre en application dès leur arrivée au pouvoir. Ça un fait un peu mal au c... de le reconnaître, pour moi qui suis un rêveur idéaliste. Mais crois moi je ne m'en porte que beaucoup mieux depuis que je ne prends pas ces programmes au pied de la lettre. Je  les considère comme des orientations, une présentation de leur façon d'aborder les problèmes. qui te permet de disposer d'une idée générale de la façon de gouverner. 

Après, la confrontation à la réalité est certainement dans tous les cas bien compliquée. Et cela m'amène au point des magouilles. On peut considérer qu'ils sont tous pourris, on peut à l'inverse qu'ils sont blancs comme neige mais qu'ils répondent à des pressions de la part de lobbys puissants. La vérité est certainement entre les deux. Il n'en reste pas moins que les activités de lobbying devraient certainement être déclarées délictuelles, ou tout du moins qu'un mécanisme soit trouvé pour garantir une indépendance du pouvoir politique vis à vis du pouvoir économique ou financier, ces derniers ont en effet à mon sens trop de poids.

Je te donne ma vision des philosophies des candidats : 

Lepen
Favoriser les nationaux, à tous points de vue. Quitter l'Europe. Sortir de la mondialisation

Fillon
De moins en moins de règles au niveau économique, et plutôt plus de règles au niveau moral et de la société.

Macron
De moins en moins de règles au niveau économique et sociétal

Hamon
Lui a une vision très différente du monde du travail que les autres et se projette dans ce que celui-ci pourrait devenir et tente des réponses. Réformer la démocratie

Mélenchon
Un peu pareil que Hamon avec une différence : il veut quitter l'Europe

Poutou
La propriété c'est le vol

Lassale
Illuminé que je n'ai pas encore encore entendu dire quelque chose de cohérent

Dupont-Aignan
Pas compris la différence avec Lepen

Cheminade
Pas compris ce qu'il dit

Asselinau
Complotiste pour le Frexit

Artaud
Pas compris la différence avec Poutou


Nonobstant (j'adore ce mot...), un président n'est pas celui avec qui tu vas te marier. Il n'a pas besoin d'être parfait. C'est finalement, une autre façon de dire qu'il faut choisir le moins pire. 
Sans être expert, il y a des sujets qui me tiennent à coeur, je t'en donne quelques exemples : 
  • L'indépendance du pouvoir politique, je viens d'en parler, mais j'ajoute juste que les accointances de certains candidats avec le monde de la finance me filent de ce fait des boutons. La démocratie c'est le pouvoir au peuple pas juste à ceux qui ont le plus de thune.
  • Je crois en la nécessité de la transition écologique, je développe suffisamment le sujet par ailleurs sur le blog pour ne pas m'étaler ici, mais compte-tenu de ce qui je crois nous pend au nez, être capable de produire seul TOUTE l'énergie dont on a besoin peut faire la différence dans les années à venir.
  • Être père de famille me fait m'interroger aussi sur le poids de la dette sur les années à venir, et donc sur les conditions de vie futures de mes enfants.
  • Je crois aussi à la nécessité de l'Europe. L'histoire démontre que les seules périodes pendant lesquelles on a eu la paix ont été la pax romana, et la construction de la communauté européenne. Et c'est tout, en dehors de ces périodes, AUCUNE génération n'a pas connu la guerre. Certes, la façon dont se construit l'Europe actuellement me déplaît pour tout un tas de raisons. mais si tu n'es pas content de ta facture d'électricité tu n'exploses pas ton compteur pour autant.
  • Dernier point important de ma morale politique est que je suis choqué par l'accroissement des inégalités. Les riches sont de plus en plus riches, les pauvres de plus en plus pauvres et de plus en plus nombreux
Après, je m'accroche à quelques points de détail. Par exemple, régler tous les problèmes dans l'entreprise par le dialogue entre patrons et représentants du personnel, comme le préconise l'écossais circulaire (... énigme...) je n'y crois pas une seconde. Mon expérience personnelle m'a montré que ce n'était ni sain, ni efficace.

Dédé - On est relativement en phase, mais ce qu'il me manque, pour savoir quoi voter, est de pouvoir faire une projection de la France avec chaque candidat. Je ne suis pas capable d'imaginer ce qui pourrait se passer. 

Est-il nécessaire de ne pas trop pénaliser, voire avantager encore un peu plus les entreprises pour que notre pays reste compétitif ? Est-il nécessaire que notre pays soit compétitif ? La France a-t-elle réellement besoin de l'Europe, de l'euro ? Que se passera-t-il sinon ? 

Et voilà, ça me saoule, comme à chaque fois. Je n'ai aucune réponse à toutes ces questions. Quand j'essaye de me renseigner, je ne suis jamais vraiment contre un argument, qu'il soit de droite ou de gauche, encore moins du centre. Je pense que mon manque d'intérêt a mené à mon inculture politique, et du coup je suis neutre, indécis, voire agnostique.
J'ai en tête les synthèses que tu fais des candidats les plus connus, mais c'est complètement insuffisant pour me faire un avis et faire un vrai choix.

A suivre...

mardi 28 mars 2017

Les problèmes de la France - J'aimerais bien donner mon avis 4

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Ca y est dans le précédent numéro, je suis arrivé à une étape qui m'a permis de définir ce que je pouvais attendre de l'Etat. Avant de décliner à partir de là les problèmes qui se posent, j'aimerais bien d'abord recenser ce qui va bien ou plutôt pas mal.


Les forces de la France

Le France bashing n'est pas mon truc, alors ajoutons à tout cela un peu de positif.

Notre pays fait partie des plus visités au monde; Il est reconnu pour son patrimoine, son histoire, la diversité de ses paysages, sa culture, et son art de vivre. L'Etat a su préserver, et faire fructifier ce capital.

Nous conservons sur le plan diplomatique un poids important, au milieu de géants démographiques tels que les USA, la Russie, la Chine. D'aucun diront que c'est grâce à l'arme atomique, peut-être, mais aussi parce que nous avons conservé une influence considérable auprès de nos anciennes colonies.

Alors que 65 millions de personnes au regard de l'humanité toute entière ne représentent pas grand chose, nous restons dans le top 10 des économies au niveau mondial.

Notre domaine maritime est le deuxième plus grand au monde (Merci la Polynésie Française...). Nous disposons de territoires dans tous les océans.

La langue Française reste une référence mondiale, malgré, il faut bien le reconnaître, une difficulté d'apprentissage.

Le taux de productivité des travailleurs français est un des plus hauts au monde.

Notre pays est une référence pour ce tout qui à trait à la mode, à la gastronomie, au vin et au luxe en général. Mais pas seulement, nos ingénieurs et nos mathématiciens sont reconnus dans le monde entier.

Notre économie regorge d'entreprises de renommées mondiales Airbus, Chanel, Bouygues, Total, Publicis, Michelin ... et sont des leaders dans leurs domaines d'activité.

Notre liberté d'expression, et notre style de vie sont enviés au quatre coins du monde.

Notre taux de fécondité est un des plus hauts des pays riches.

Malgré toutes les entraves au travail citées par les organisations patronales, des dizaines d'entreprise choisissent de s'implanter en France chaque année. Il doit bien y avoir une raison ou deux...

Notre système de protection sociale a peu d'équivalents dans le monde.

Si on ajoute à cela un climat tempéré, et une paix durable, il y a pas mal d'endroits dans le monde où il est moins facile qu'ici de vivre.

lundi 27 mars 2017

Les problèmes de la France - J'aimerais bien donner mon avis 3

Previously

Une réflexion entamée laborieusement sur le sujet m'a fait prendre des chemins tortueux pour réussir à définir les problèmes de la France. Dans le dernier épisode, je faisais état de ce qui me semblait être les activités de l'état. Voyons voir si nous pouvons encore avancer d'une case.

Quoi attendre de l'état ?

Donc si je reformule ce que j'ai dit au n° 2, ce que nous pouvons attendre de l'état c'est tout ça :

  1. L'Etat doit gérer un budget pour : 
    1. Offrir aux citoyens des services publics de qualité
      1. Education
      2. Santé
      3. Sécurité
      4. Justice
      5. Infrastructures
      6. Administration
      7. Energie
      8. Culture
      9. ...
    2. Garantir une redistribution équitable pour aider les plus démunis
      1. Retraite
      2. Chômage
      3. ....
    3. Ne pas créer de dettes insupportables pour ses successeurs
  2. L'Etat doit se conformer aux mandats qui lui ont été octroyés par le peuple
    1. Pour cela la démocratie doit être efficace et juste
    2. l'Etat ne peut prendre ses ordres que du peuple français.
  3. L'Etat doit offrir un ensemble de lois et de règles: 
      1. Visant à garantir les droits de chacun de manière égalitaire
      2. Qui permette à chacun de s'épanouir suivant ses envies et ses capacités de manière harmonieuse
      3. Qu'il puisse être en mesure de contrôler
Voilà qui résume assez bien en effet ce que j'attends de l'Etat. 


jeudi 23 mars 2017

Les problèmes de la France - J'aimerais bien donner mon avis 2

Previously

Dans un précédent numéro, je tentais une analyse des problèmes de la France, avant de me rendre compte brutalement que je ne pouvais pas décemment parler de ceux-ci avant de résoudre la question de nos attentes légitimes vis à vis de l'état.
Quelques tentatives auprès de la constitution, puis de notre devise nationale ne donnèrent que des résultats décevants.

Tentons maintenant de donner un peu plus de corps à tout cela.

Je vais oser une synthèse de ce que fait l'état.. espérons que je n'oublie rien.

Synthèse des activités de l'état

L'état définit des lois qui permettent une vie communautaire harmonieuse.
Il est le garant de nos droits.
Il gère nos relations avec les autres nations et nous protège des agressions extérieures.
Il est le garant d'un accès le plus égalitaire possible aux soins de santé, à la justice, à la sécurité, à l'éducation, à la culture, aux infrastructures publiques.
Il est le garant que chacun puisse s'exprimer dans le cadre de la démocratie pour choisir collectivement les orientations de la nation.
Il gère une redistribution des richesses pour que les plus pauvres ne soient pas laissés pour compte (la fameuse fraternité...)
Il décide d'investissements d'infrastructures pour accroître le confort et la prospérité de la population.

En somme, si l'état n'est pas en mesure de nous garantir le bonheur, il doit être garant que nous sommes en mesure de combler nos besoins primaires : Manger, se loger, accéder à un emploi pour gagner notre vie, rester en bonne santé (autant que possible), fonder un foyer... pour que nous puissions, une fois libérés de ces poids prendre la main pour tenter de nous épanouir au mieux.

Hum, bon, maintenant que ça c'est écrit, je vais laisser mûrir un moment... et puis si l'un ou l'autre avez des suggestions ou des commentaires, je vous laisse réagir.

mercredi 22 mars 2017

Les problèmes de la France - J'aimerais bien donner mon avis 1

Comment ça ? Personne ne m'a demandé mon avis ? Ben tant pis, je le donne quand même.

Les sondages fleurissent, (en même temps c'est normal c'est le printemps) sur les priorités des Français, les grands thèmes qu'ils veulent voir aborder au cours de cette élection présidentielle, en dehors bien sûr de savoir qui a offert ses slips tissés or à François Fillon. Et puis, je me suis dit dans ma p'tite tête, ben oui mais c'est quoi les problèmes de la France ? On entend partout que c'est la cata et je peux aussi constater à mon petit niveau certains dérèglements.

Quand soudain, je me suis demandé ...


Que peut-on (doit-on) attendre de l'état ?

Avant de dire que ça ne va pas et donc de proposer des solutions, la question de base est bien là. Si on ne s'entend pas sur ce sujet, les analyses des problèmes sont forcément divergentes et je ne vous parle même pas des réponses qu'on peut y apporter.

Autant ça m'a paru limpide en me posant la question, que pour y répondre...je me suis senti en short et en baskets... pas équipé.

Ma première idée était de me référer à la constitution, mais elle édicte les règles de fonctionnement plus que le ou les objectifs de l'état.... raté...VDF*

Revenons donc aux basiques, c'est souvent une méthode assez saine. Prenons donc notre devise "Liberté, Egalité, Fraternité"

J'ouvre une parenthèse, en prenant ce chemin , je suis allé voir par curiosité les devises nationales. Heureusement que je ne suis ni albanais ( "La pioche dans une main, le fusil dans l'autre"), ni habitant du Belize ("Je fleuris à l'ombre") parce ma pensée n'aurait pas été beaucoup aidée...
Je ferme la parenthèse.

Donc, l'état doit garantir la liberté, l'égalité et la fraternité.
La liberté s'entend bien entendu jusqu'à ne pas empiéter sur la liberté de l'autre. L'égalité n'est pas simple non plus, nous naissons tous différents avec des qualités et aptitudes qui nous sont propres, alors l'égalité totale est compliquée, il s'agit plutôt d'une égalité en droits. Quant à la fraternité, concept un peu lointain dans notre monde ultra-individualiste, il me semble pourtant que c'est sur ce point que nous pouvons nous appuyer pour nous reconnaître une unité en tant que peuple.

Ok, c'est beau, c'est noble, mais ça manque un peu de concret tout ça. On croirait entendre Emmanuel Macron. Je ne suis pas encore très avancé dans ma réflexion.

Suite à des retours de certains de mes lecteurs, je me suis promis de faire dorénavant plus court.
Je laisse donc planer un suspense insupportable jusqu'au deuxième numéro...

(*) : Je ne vois pas pourquoi seuls les jeunes pourraient inventer des acronymes à la con. Ils ont leur MDR, je propose ici VDF : Vert De Frustration.

lundi 13 mars 2017

Le pâté de campagne

Il m'a semblé important de me poser deux minutes pour régurgiter ce que m'inspire cette campagne présidentielle.

Le fond, les idées

Aux dernières nouvelles, elles sont toujours les grandes absentes de cette campagne. On ne peut que le regretter. L'affaire ou plutôt les affaires Fillon parasitent tout mais je crois que le positionnement de certains ne jouent pas non plus en faveur d'un débat d'idées construit... et constructif. Les deux grands leaders des sondages jouent leurs atouts et ceux-ci ne sont pas sur le terrain des idées.

Lepen
Lepen en combattante du système se place en alternative pour un vote de pure contestation. Je ne crois pas une seule seconde que les sondages qui retracent les intentions de vote frontiste soient révélateurs d'une adhésion aux idées FN, mais plutôt d'un vote CONTRE le système existant. Il n'y a donc guère d'espoir de nouvelles idées qui vont faire avancer le pays à trouver de ce côté là.
En aparté, Il est attérant de constater que les idées racistes et xénophobes se libèrent de plus en plus sans le moindre complexe.

Macron
Il se présente en homme providentiel. Il est nouveau et donc cela doit suffire. Il a longtemps balayé l'idée même d'un programme privilégiant le projet. Ok, pourquoi pas ? mais qui peut m'expliquer ce projet, parce que pour moi, ça n'est pas très clair, au delà de déclarations d'intentions bien générales, manquant de concret et souvent antinomiques quand on en fait la synthèse.

N'y a-t-il pas autre chose à comprendre dans tout cela ?


L'élection présidentielle est en France l'événement politique majeur, c'est lui qui dicte l'orientation globale du pays. Toutefois, on constate cette année, que c'est devenu un grand cirque dans lequel l'avenir commun, la vision sont passés au deuxième plan. Je formule quelques hypothèses pour expliquer cet état de fait :

1ère hypothèse

Le régime présidentiel voulu par le Général de Gaulle est arrivé en bout de course. La Vème République par la personnification extrême du pouvoir a tourné à une peoplisation dont on ne sortira que par une modification radicale de la constitution ?

2ème hypothèse

Les Français ont compris que le pouvoir, le vrai pouvoir n'est plus entre les mains des politiques et donc peu importent finalement les idées ?

3ème hypothèse

On est dans la droite ligne des votes Brexit et Trump. Il faut du changement, quitte à ce que soit pour pire. Peu importent les idées tant qu'on peut mettre un coup de pied dans la fourmilière ?


4ème hypothèse

Dans une société qui se referme sur elle-même, la contestation a plus de poids que la proposition ?

Les différents scénarios


Rappelez-vous, au moment de la primaire de la droite, on entendait partout : "Le vainqueur de la primaire de droite a toutes les chances de devenir président"... On en est loin maintenant.

Le premier tour

Si on en croit les sondages, Lepen et Macron seront les deux qualifiés.
Personne ne doute de la présence de Marine Lepen au second tour, c'est même à ce stade la seule certitude. Quand je pense que ma première manif c'était en 2002 quand son père avait devancé Jospin...

Hamon et Mélenchon ne parviennent pas à se mettre d'accord pour unir leurs candidatures, malgré une convergence extraordinaire sur le plan des idées. Là encore, celles-ci passent au second plan. Et de fait, la gauche n'a aucune chance.

Fillon a perdu toute trace de légitimité en ne comprenant pas que ce qu'il a fait était mal même si c'était légal. Il ne comprend apparemment pas que c'est exactement ce genre de comportements qui fait que les populations sont dégoûtés des hommes politiques, le fameux "système". L'idée de Fillon président paraît à ce stade tout simplement insensée, avec toutes ses casseroles, et sa stature de Caliméro complotiste.

On voit et entend beaucoup de responsables politiques se rallier au jeune leader d'En Marche pour la simple raison qu'il fait la course en tête et donc qu'il serait de ce fait le plus à même de battre Lepen. Voilà une logique bien spéculative qui ignore les idées, ce que je déplore. On est à plein sur le "vote utile".

Les "petits" candidats dans ce tumulte seront-ils les oubliés de cette guerre incertaine ou au contraire seront ils des refuges pour leurs convaincus ?

Le deuxième tour

Supposons une seconde que les deux qualifiés du premier tours soient Macron et Lepen (au passage, ils sont respectivement avocats et énarques, comme tous les présidents depuis Pompidou...), que se passerait-il donc ? Macron serait-il assuré de l'emporter ? Un candidat du système contre une candidate anti-système, je ne miserais pas lourd sur Macron. Cf. Brexit, Trump...

Comment les deux grandes formations traditionnelles LR et PS feraient-elles pour ne pas exploser en vol en n'ayant pas assuré l'essentiel à savoir de porter leur favori jusqu'en finale ? Que pourrait donc nous réserver la recomposition du paysage politique français ?

Les raliements

Pas facile, la vie de député en ce moment. c'est fini le temps où on l'on faisait élire à vie avec une belle rente assurée. Si on part du postulat que la priorité de ces gens là est de ne pas perdre leur siège, un jeu dangereux est à l'oeuvre dans ce contexte si particulier : Rejoindre Macron parce que c'est lui qui a le plus de chance de l'emporter, mais sans assurance d'une investiture et risquer de se faire rayer de son parti d'attache ? Ou rester fidèle et risquer de se retrouver rapidement sans occupation ? Wait and See et rater une occasion de prendre le train en marche ?

Les législatives

Véritable troisième tour, les législatives pourraient avoir leur rôle à jouer. L'assemblée est prévue par la constitution pour un être un contre-pouvoir à l’exécutif. Or, a priori, que ce soit Lepen ou Macron, obtenir une majorité de sièges à l'assemblée ne semble pas automatique dès lors que la présidentielle aura été remportée. L'un comme l'autre ne disposent pas d'une base suffisante pour faire élire une majorité de députés. Et appliquer leur programme comme ils le souhaitent ne pourra pas se faire sans l'assemblée.
Emmanuel Macron se montre à ce sujet particulièrement naïf, il prétend que les majorités se construiront loi par loi, mais on peut tout aussi bien imaginer que ce sont les oppositions qui se construiront texte par texte. C'est dans mon souvenir le mode de fonctionnement qui a tué la IV ème République.
Quant à imaginer Marine Lepen présidente subissant une cohabitation, l'idée est assez drôle, mais flippante.

Ma conviction

Ce que je crois c'est qu'on se dirige tout droit vers une belle crise institutionnelle, mais finalement les votes Lepen et Macron sont porteurs de volontés de changements. C'est ainsi peut-être ce qu'attendent les Français. 
En tout état de cause, je crois les deux protagonistes incapables de maîtriser l'ampleur du changement que leur victoire pourrait déclencher.

mercredi 8 février 2017

La campagne débute et j'ai déjà la nausée

Et moi qui attendait ça avec tellement d'impatience ... une joute sur les idées, des débats passionnés et passionnants. Les dernières élections dans le monde ayant apporté leurs lots d'avertissements forts, il me semblait nécessaire que nos élections présidentielles soient (deviennent ?) riches et constructives. Certes, la campagne ne fait que commencer, mais je trouve que ce n'est guère encore au niveau des enjeux. Revue de détail.


Le cas Fillon

Cela fait plusieurs fois que j'entame la rédaction d'articles sur le sujet, et à chaque fois, je suis rattrapé par l'actualité et un nouvel événement. Il se présente comme "la meilleure solution pour redresser la France", il est à mon sens "la meilleure solution pour faire battre la droite". Ce qu'il a fait était légal, peut-être, on n'en est pas encore certain et c'est à la justice de décider, présomption d’innocence tout ça. S'il l'est, cela signifie juste que la loi doit être modifiée parce que c'est complètement immoral. Cela me fait penser aux débats sur l'optimisation fiscale qui frise parfois l'évasion fiscale mais qui est légale.
Ce qui choque le plus les Français, c'est qu'en se défendant ainsi, il met en valeur le fait qu'il ne se rende même pas compte de la faute morale. Ça vaut bien le coup de se présenter en chevalier des valeurs chrétiennes.
Il n'en demeure pas moins que je n'aimerais pas être un électeur de droite, Fillon est qu'il le veuille ou non disqualifié (imaginez le juste deux secondes président, comment réagiraient les Français à la moindre demande d'effort financier venant de sa part ?) et trouver un remplaçant dans l'intervalle est une gageure. Plus Fillon tarde et plus il met à mal son propre camp. Le seul  que je vois surnager dans la mêlée est François Barroin, encore un François... Parce que les perdants de la primaire ont pour la plupart déclaré qu'après avoir perdu on ne se remet pas sur la ligne de départ (argument pour discréditer Sarko), alors il me semble qu'il faut taper ailleurs, et Barroin pourrait être le plus rassembleur des autres noms cités. Quoiqu'il en soit,  pour le remplaçant éventuel ou pour Fillon lui-même, la campagne promet d'être super pénible.
Verra-t-on une nouvelle primaire à droite en 2022 ? Je ne parierais pas beaucoup dessus.
Même si je n'ai pas la plus grande sympathie pour les idées de Fillon, cette mise à mort qui n'en finit pas commence à friser l'indignité.

Lepen / Macron

Une fois Fillon écarté, il reste Lepen et Macron en grands favoris, respectivement avocate et énarque. Il est à noter que tous les présidents depuis Giscard furent soit l'un soit l'autre. Les deux sont de ce côté là bien ancrés dans la tradition de ces 40 dernières années.
Ce n'est pas là leur seul point commun, ils souhaitent représenter une rupture avec ce qui s'est fait avant, l'une par ses idées, l'autre jusque parce qu'il est plus jeune.
Oui parce que hormis le charme, le charisme et l'intelligence indéniables de Macron, on ne sait pas grand chose de son programme. Que sait-on de lui ? Il n'est "ni de gauche, ni de droite", il est plutôt libéral quand même, il est un ancien banquier d'affaires (enfin un sorte de super commercial...), et il a fait la loi qui porte son nom. Et comme celle-ci, ce qu'il a laissé filtrer de son programme ressemble à un patchwork plus ou moins cohérent de mesurettes qui n'offre pas vraiment une vision de la France sur les 5 ans à venir. En tout état de cause, si l'homme est neuf, il est un pur produit du système et de ce fait pas vraiment à même de produire des idées novatrices....du moins jusqu'à présent.

Mais le point commun le plus frappant entre ces deux candidats est le fait que j'ai beaucoup de mal à comprendre comment ils pourraient obtenir une majorité à l'assemblée. Depuis l'avènement du quinquennat, on a tendance à penser que les élections législatives sont une sorte de formalité au régime présidentiel. mais pour Lepen comme pour Macron, obtenir cette majorité est à mon sens loin, très loin d'être gagné. Et là, je vois deux issues : soit une crise institutionnelle qui balaie tout cela et nous fait repartir sur quelque chose de neuf (hypothèse positive), soit des jeux politiciens de ralliements contre-natures qui ne feraient que décrédibiliser encore un peu plus notre classe dirigeante. En un mot, le bordel.


Hamon / Mélenchon

Les tic et tac de la gauche me posent un problème. J'hésite entre les deux, et je pense que je ne suis pas le seul. Leurs programmes sont très similaires. Alors bien sûr, on peut s'arrêter à la proposition de revenu universel qui semblerait complètement utopiste. Je ne le conçois pas comme une promesse ou un engagement de campagne mais plutôt comme une direction issue d'une vraie réflexion sur le monde du travail d'aujourd'hui, de demain ou d'après-demain. Mais les programmes contiennent bien plus que cela encore sur la démocratie, l'environnement, etc.
Leurs intentions de vote cumulées assurent un passage au second tour, cela paraît tentant dit comme ça. Il ne reste qu'à ne pas se rater, je ne suis pas complètement optimiste.
Eux aussi sont en rupture, en rupture avec un système libéral dont on peut penser ce qu'on veut mais qui a factuellement produit  une hyperconcentration des richesses au détriment du plus grand nombre.

Les autres candidats

A ma connaissance, les autres candidats ne sont pas assurés d'avoir les signatures nécessaires au dépôt de leur candidature. Permettez moi d'attendre d'y voir plus clair avant de me projeter.


Un paysage politique au bord de l'implosion

La recomposition du paysage politique semble inéluctable, On a eu pendant des années un bipartisme fort, avec certes des nuances et des courants mais la formule magique "Ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous divise" maintenait une unité pour accéder aux responsabilités. Aujourd'hui, les positions semblent s'être clivées, un peu malheureusement à l'image de notre société. Le Brexit et l'élection de Trump ont montré que les populations attendent autre chose, alors chacun y va de sa singularité et de ce fait se démarque des autres en des positions difficilement réconciliables. Or, tous oublient qu'un président doit d'abord rassembler.
Le PS réussira-t-il à ne pas se scinder entre centre gauche et la gauche de la gauche ? Les Républicains passeront-ils la vague des affaires Fillon, du remplacement ou pas ? Macron réussira-t-il à créer une véritable force politique au centre (droit ?) ? Enterrera-t-il Bayrou ou lui donnera-t-il une nouvelle jeunesse ?
Allez, il y a encore pas mal de choses passionnantes à vivre, bien que plus ou moins heureuses.



Je ne comprends pas tout - Les gilets jaunes

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